Comme lui, la plupart des Américains pratiquent volontiers l'humour au travail. Ils y voient un bon moyen de briser la glace, d'aplanir les différences hiérarchiques et d'emporter l'adhésion. Outre-Atlantique, pas un discours ne commence sans une « opening joke ». La méthode a si bien fait ses preuves que même la Maison-Blanche l'a adoptée (lire l'encadré). Avant chaque allocution présidentielle, les services de George Bush font ainsi plancher un bataillon d'humoristes. En France, on en est loin. « Notre mode de management est fondé sur la distance entre le chef et ses subordonnés, décode David Autissier, enseignant à Paris XII et auteur de « C'est n'importe quoi ! » (Eyrolles). On perçoit le rire comme une familiarité qui peut vous déposséder de votre pouvoir. » Erreur ! L'humour est au contraire une arme de séduction massive, permettant de souder ceux qui s'y adonnent et de stimuler leur créativité. De plus, rire aux éclats est excellent pour la santé. Autant de raisons pour apprendre à desserrer les mâchoires.
Les médecins l'affirment : nous ne nous esclaffons pas assez souvent.
Un adulte ne rit qu'une vingtaine de fois par jour en moyenne, contre près de 400 fois pour les enfants. Plus grave, il y consacre moins de temps qu'autrefois : on s'octroyait vingt minutes d'hilarité quotidienne dans les années 1930, alors qu'on atteint à peine une minute aujourd'hui. En fait, idéalement, il faudrait s'adonner au moins dix minutes par jour à ce genre de détente, pour un bénéfice optimal sur le psychisme et le métabolisme. « Au même titre que la relaxation, la méditation ou le yoga, le rire est une technique de lutte contre le stress », insiste le neurologue Henri Rubinstein, auteur de « La Psychosomatique du rire » (Robert Laffont).